“FINIR À PÔLE EMPLOI” – Regard sur les demandeurs d’emploi passant par Pôle Emploi

Nous rencontrons, lors de cette première semaine, de nombreux entrepreneurs déjà en relation avec les services de Pôle Emploi. C’est l’interlocuteur logique sur la question de l’emploi. C’est évident de passer par là quand je veux recruter nous dit-on.Pourtant, l’image d’une “maison du chômage” persiste encore dans l’imaginaire de beaucoup.Un entrepreneur nous confie : Mes collègues m’ont dit “Ne passe pas par Pôle Emploi, il n’y a que le bas du panier, ceux qui n’ont rien trouvé ailleurs.” Le demandeur “finit” à Pôle Emploi, comme un dernier recours après une recherche d’emploi infructueuse via d’autres biais plus valorisés.

Pour ce type de poste, je fais une offre sur le Bon Coin. Pourquoi ? Parce que je sais que les gens qui sont motivés et qualifiés c’est là que je vais les trouver. Si je reçois un CV via Pôle Emploi, ben j’aurais des doutes, je me dirais – le gars il a rien trouvé d’autre, il doit pas être très compétent

A l’heure où les personnes en recherche d’emploi sont de plus en plus nombreuses, Pôle Emploi voit ses banques de CV croître et se diversifier en terme de profils.

On a 300 personnes à s’occuper, des cas bien difficiles, d’autres moins. Les boîtes d’intérim ont une black liste, du coup les mauvais profils sont mis de côté, nous on a un portefeuille de CV trop large, ce qui peut ralentir la procédure parce qu’on moins pertinents sur nos offres de CV.

En agence, on distingue quand même un portefeuille de CV comportant les candidats plus éloignés du monde du travail, qui ne sont pas à jour. Il faut les rappeler souvent, surtout quand la personne vous dit qu’elle va se déplacer et que finalement elle ne le fera pas, ou qu’elle n’est plus motivée. Les entrepreneurs, et particulièrement les TPE, passent alors aussi par d’autres biais de recrutement. Affiches, réseaux sociaux, bouche à oreille … Les TPE plus dans l’urgence envisagent parfois de faire recours à des intérimaires. “Il paraît que ça coûte cher, mais on aura quelqu’un d’adapté, c’est sur”.

Avec les TPE ya souvent la situation où ils essaient de faire une embauche par eux-même et ça foire. La personne part avant la fin de la période d’essai, ça ne colle pas pour X raisons. Alors ils sont traumatisés, et ils reviennent vers nous, mais bon là c’est dans l’urgence.

Il est surtout question de la représentation que les différents acteurs de l’emploi ont les uns sur les autres. Une méconnaissance, voir une méfiance réciproque contribue à l’éloignement des TPE en recrutement des agences Pôle Emploi. Nous rencontrons Ghislaine Duchemin, de la CCI, spécialisée dans l’aide à l’embauche pour les TPE du secteur industriel. Elle explique :

Il faut redorer l’image de Pôle Emploi. Donner de la proximité, le numéro direct des conseillers, montrer que c’est un service à la pointe. Globalement, les employeurs ne croient pas en la compétence de Pôle Emploi à trouver le bon profil. Souvent, c’est moi qui les encourage : ‘vous êtes allé sur le site de Pôle Emploi ? Vous voulez qu’on le fasse ensemble ?’ Ça permet de déminer les a priori de départ …

Si les partenaires direct encouragent les TPE à se diriger vers les services de l’Etat, comment les agences pourraient, elles aussi, directement communiquer autour de leur capacité à trouver des profils qui correspondent ? En se portant garant d’un “perfect match” ? De l’autre côté, les TPE qui connaissent des recrutements réussis pourraient être missionnées pour prescrire à leur communauté professionnelle les services de Pôle Emploi.